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Je vous conseille fortement ce bouquin .

JFK et l’Indicible est un chef d’œuvre .

L'auteur explique que les coupables du meurtre sont des éléments incontrôlés liés au complexe militaro-industriel, des responsables du Pentagone, et des chefs de la communauté du renseignement.

Il nous conte brillamment le récit, de la série de décisions prises par John F. Kennedy et qui le firent secrètement détester des tenants d’une ligne dure parmi les Chefs d’État-major et la CIA.

Un livre remarquable et une mise en cause implacable et documentée des forces obscures qui empoisonnent depuis longtemps la vie de ce pays insensée.

L’auteur met également en lumière la vision ultime de JFK en faveur de la paix mondiale.


Il s’agit du livre le plus minutieusement documenté jamais écrit sur le Président Kennedy


Jim Douglass détaille le récit du virage surprenant et peu connu du Président Kennedy vers la paix, ainsi que les raisons pour lesquelles des membres de son propre gouvernement ont estimé qu’il devait être éliminé.

Cet ouvrage devrait être lu pour comprendre la politique américaine dans et hors de ses frontière
s...

Les conséquences de ce meurtre, pour ce pays et pour le monde, sont incalculables.

Et elles se font toujours ressentir. Après avoir lu ce bouquin , nul doute , vous vous rendrez compte que le destin de ce pays, et l’avenir de cette planète, sont toujours soumis à ces forces de l’ombre – et à ce que Douglass appelle l’« Indicible »...


Extrait du chapitre 1

Revirement d’un belliciste
(...) Khrouchtchev fit parvenir sa première lettre à
Kennedy le 29 septembre 1961, en pleine crise de
B
erlin.

Dissimulée dans un journal, elle fut remise à Pierre
Salinger, l’attaché de presse de Kennedy, dans une
chambre d’hôtel de New York, par un « rédacteur de
magazine » et agent du KGB, Georgi Bolshakov, en qui
Khrouchtchev avait toute co
nfiance.

Ces précautions étaient destinées à éviter les indiscrétions tout autant
du côté soviétique qu’américain.
Ted Sorensen, proche conseiller de JFK, dira 30 ans plus tard que Khrouchtchev
« prenait des risques, présumant que ces lettres étaient,
comme nous le croyons, ignorées des militaires (soviétiques),
du ministère des Affaires étrangères, et des hauts
responsables du Kremlin. Il prenait des risques, car si
cela avait été découvert, ils auraient sans doute été trè
s
mécontents ».


Khrouchtchev écrivit cette première lettre depuis sa
datcha au bord de la Mer Noire. De fait, le dirigeant
soviétique débuta son message d’un ton apaisé.
« Cher M. le Président », écrivit-il, « Je suis en ce
moment sur la rive de la Mer Noire. (…) C’est vraiment
un endroit magnifique. En tant qu’ancien officier de
marine, vous apprécieriez sans doute les qualités
d’un tel environnement, la beauté de la mer et la
majesté des montagnes caucasiennes. Sous ce soleil
brillant du sud, il est même parfois difficile d’imaginer
qu’il existe encore des problèmes dans le monde,
qui, faute de solutions, jettent une ombre sinistre sur la
paix, et sur le futur de
millions de personnes. »


À Vienne, Kennedy avait été choqué par l’apparente
indifférence de son homologue soviétique quant à
l’éventualité d’un conflit nucléaire, et par son manque
de volonté à négocier. À présent, Khrouchtchev semblait
éprouver des regrets à ce sujet :
« J’ai beaucoup réfléchi, ces derniers temps, aux
événements internationaux qui se sont déroulés
depuis notre rencontre à Vienne, et j’ai décidé de
me rapprocher de vous avec cette lettre. Le monde
entier espérait que notre rencontre et un cordial
échange de vues auraient un effet apaisant, orienteraient
les relations entre nos deux pays sur la bonne
voie, et encourageraient l’adoption de décisions qui
donneraient aux peuples l’espoir qu’enfin la paix sur
terre serait assurée. À mon regret – et, je le crois, au
vôtre –
, cela ne s’est pas produit. »


Les efforts répétés de Kennedy en faveur de la paix, sous
la rhétorique belliqueuse que les deux chefs d’État pratiquaient
en public, avaient semble-t-il favorablement
impressionné Khrouchtchev :
« J’ai écouté avec un grand intérêt le compterendu
présenté par nos journalistes Adjubei et
Kharlanov de leur rencontre avec vous à Washington.
Ils m’ont fourni de nombreux détails intéressants, et
je les ai interrogés longuement. Vous les avez impressionnés
par votre simplicité, votre modestie et votre
franchise, autant de qualités que l’on ne trouve
pas très souvent chez des hommes occupant une
positi
on telle que la vôtre. »


À nouveau, Khrouchtchev évoqua le sommet de Vienne,
manifestement à l’origine de sa décision de s’adresser
en privé au Président américain :
« Je suis revenu plus d’une fois en pensée à notre
rencontre à Vienne. Je me souviens que vous avez
souligné votre volonté de ne pas engager votre
pays dans la guerre, votre souhait de le voir vivre en
paix avec le nôtre, et que notre rivalité reste dans
le do
maine pacifique.

Et bien que par la suite les événements ne se soient pas déroulés de la façon
la plus souhaitable, j’ai pensé qu’il pourrait être utile
de prendre contact avec vous de façon purement
informelle et personnelle, afin de vous faire part de
quelques-unes de mes idées. Si vous ne partagez
pas ce point de vue, vous pouvez considérer que
cette lettre n’a jamais existé, tandis que, de mon
côté, naturellement, je n’utiliserai pas cet échange
dans mes déclarations publiques. Après tout, seule
une correspondance privée peut permettre de dire
ce que l’on pense sans se soucier de la presse et
des journalistes. » « Comme vous le voyez », ajouta-til
comme pour s’excuser, « j’ai commencé par vous
décrire les merveilles de la côte de la Mer Noire, mais
je me suis bientôt mis à parler politique. Il est difficile
de faire autrement. Chassez la politique par la porte,
elle rentrera par la fenêtre, surtout s
i la fenêtre est
ouverte. »
(...)


Le belliciste John F. Kennedy changeait, au sens
premier, biblique du terme – teshuvah dans les Écritures
hébraïques, metanoia en grec, repentance en anglais.
Lors de la crise cubaine, en tant que Président des États-
Unis, il commença à s’éloigner (à se repentir) de sa
propre attitude complice de l’impérialisme américain
– et de sa capacité à détruire le monde plutôt que de
le livrer aux communistes. Mais tandis qu’il tournait le
dos à cette logique meurtrière, il semblait ne pas savoir
quelle nouvelle direction emprunter. Au lendemain de la
crise des missiles, il balançait entre espoir et frustration.
Le fait d’avoir frôlé l’abîme l’avait engagé sur la voie de
la négociation avec l’ennemi. Pourtant, dans les mois
qui suivirent, les deux camps semblèrent incapables de
saisir l’opportunité qui s’offrait à eux.
Kennedy et Khrouchtchev s’accordèrent cependant
sur le fait que l’interdiction des essais nucléaires consti-


Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, de
très nombreuses expériences en ce domaine avaient
été menées, avec pour principales conséquences la
contamination de l’atmosphère et l’accroissement
des tensions entre les deux blocs. Le 25 avril 1962, en
réponse aux essais nucléaires menés par l’Union soviétique
l’été précédent, Kennedy avait autorisé la reprise
des tests dans l’atmosphère. D’avril à novembre 1962,
les États-Unis procédèrent à une série de 24 explosions
atomiques dans le Pacifique Sud.126
Parvenir à un accord sur l’interdiction des essais
nucléaires fut long et difficile. Pour Khrouchtchev, les
États-Unis souhaitaient imposer des inspections, dans le
cadre du traité, afin d’espionner les installations soviétiques.
Il avait déjà accepté la proposition américaine
portant sur trois inspecti
ons annuelles, mais les États-Unis
en exigeaient à présent davantage.


Selon Kennedy, Khrouchtchev avait mal cerné la
position américaine initiale. Le dirigeant soviétique
répondit, s’adressant à un intermédiaire : « Vous pouvez
dire au Président que j’accepte son explication d’un
malentendu honnête, et que je propose que nous continuions
à avancer. Mais la balle est dans son camp. »127
(....)
En paroles comme en actes, le Président tentait
d’inverser 18 années de polarisation américano-soviétique.
Il avait retenu la leçon de la crise des missiles
cubains, et savait jusqu’où le Pentagone était capable
d’aller. Dans sa décision, au printemps 1963, de réfuter
la rhétorique déplorable de la guerre froide, il se savait
en outre isolé au sein de son propre cercle décisionnel.
Il souligna les grandes lignes de ce qu’il appela son
« discours de paix » à son assistant et conseiller Ted
Sorensen, qui rédigeait habituellement ses discours.
Très peu de conseillers étaient dans la confidence ;
Arthur Schlesinger était de ceux-là : « [Kennedy] nous
a demandé de transmettre nos meilleures idées à
Sorense
n, et de ne parler de cela à personne ».

La veille du discours, les officiels soviétiques et les correspondants
de la Maison Blanche furent informés que cette
allocution serait particulièrement importante..
Le 10 juin, Kennedy dévoila rapidement ses intentions
à son auditoire. Après avoir rappelé l’importance de la
connaissance et des lieux où le savoir était transmis, il en
vint au coeur du sujet :
« J’ai donc choisi ce moment et cet endroit pour
évoquer un sujet auquel l’ignorance est trop souvent
associée et pour lequel la vérité est trop rarement
perçue, bien qu’il s’agisse de la question la plus
importante sur terre : la paix dans le monde.
« À quelle sorte de paix fais-je ici référence ? Quel
type de paix recherchons-nous ? Non pas une Pax
Americana imposée au monde par les armes de
guerre américaines. Non pas la paix de la tombe ni
celle de la sécurité qu’offre l’esclavage. Je veux parler
de la paix authentique, celle qui fait que la vie sur
terre vaut la peine d’être vécue, celle qui permet aux
hommes et aux nations de se développer, d’espérer,
et de construire une vie meilleure pour leurs enfants.
Non seulement la paix pour les Américains, mais la
paix pour tous les hommes et toutes les femmes, non
seulement la paix pour notre époque,
mais la paix
pour les siècles à venir. »
(...)


Extrait du chapitre 2
Kennedy , Castro et la CIA
(...) Le 9 octobre, le QG de la CIA à Langley reçut
un câble de son antenne de Mexico à propos d’un
appel téléphonique du 1er octobre au consulat soviétique,
lequel avait été enregistré, transcrit puis traduit du
russe vers l’anglais. L’appel provenait d’« un Américain
qui parlait un russe approximatif » et disait s’appeler Lee
Oswald.120 L’homme y affirmait s’être rendu au consulat
soviétique le 28 septembre, et s’être entretenu avec
un consul du nom, pensait-il, de Valery Vladimirovich
Kostikov. L’« Américain » demanda s’il y avait une réponse
au télégramme envoyé à Washington. L’employé soviétique
lui répondit par la négative, mais que la demande
avait été envoyée, su
r quoi « Oswald » raccrocha.


Ce câble du 9 octobre est remarquable pour deux
raisons. La première est la mise au jour d’un prétendu
lien entre Oswald et Kostikov. Ce dernier était bien connu
de la CIA et du FBI en tant qu’agent du KGB en poste à
Mexico. Il était notamment responsable de la Division 13,
spécialisée dans le terrorisme, le sabotage et les assassinats.
L’ancien directeur du FBI, Clarence M. Kelley, le
souligne dans son autobiographie : « L’importance de
Kostikov ne doit pas être sous-estimée. Comme Jim Hosty
[agent du FBI à Dallas] l’écrira plus tard : ‘Kostikov était
l’officier en charge des activités terroristes pour l’hémisphère
occidental – y compris et notamment des assassinats.
Dans la hiérarchie militaire il aurait été général une
étoile. Comme les Russes le diraient, il était leur homme
du ‘Département V’ – le terroriste le plus dangereux

affecté à cet hémisphère ! »


Tout aussi remarquable est le fait que le « Lee
Oswald » qui appela le consulat soviétique le 1er octobre
était manifestement un imposteur. Le rapport de la
CIA dit que l’homme s’exprimait en un « russe approximatif
», or le véritable Oswald parlait couramment cette
langue.122 Le câble indiquait en outre que l’antenne de
Mexico disposait de photos, prises le 1er octobre, d’un
homme, vraisemblablement américain,
« Âge apparent 35 ans, constitution athlétique,
environ 1,80 m, front dégarni, haut
du crâne chauve. »


Le câble de la CIA envoyé en réponse à Mexico le
10 octobre décrivait le Lee Oswald qui s’était expatrié
en 1959 comme étant âgé de 24 ans, « 1,75 m, 75 kilos,
cheveux marron clair ondulés, yeux bleus ».124
Le câble du 9 octobre avait manifestement pour
objectif de créer un lien entre le futur assassin de
Kennedy et un agent du KGB particulièrement dangereux.
Ce fut le point de départ d’une intrigue qui se
contredisait elle-même, avec d’un côté la tentative de la
CIA de démontrer la complicité d’Oswald avec l’ennemi
soviétique, et de l’autre l’évidence d’un montage
grossier de la part de l’Agence.
(...)
Les citoyens qui assistaient aux funérailles de leur
Président ignoraient, pour la plupart, que les principales
agences de renseignement du pays s’employaient à
dissimuler les faits en lien avec l’assassinat, qui pouvaient
s’avérer compromettants pour l’État de Sécurité nationale.
La politique extérieure américaine, notamment
vis-à-vis des pays et organisations communistes (avec
lesquels Kennedy avait entrepris de dialoguer), exigeait
la négation de tout indice de conspiration au sein de
l’État. Tandis qu’un cheval sans cavalier suivait le cortège
funèbre à travers les rues de la capitale, le déni plausible

s’installait, et pour longtemps, dans le pays.


Le 25 novembre 1963, l’adjoint au ministre de la
Justice, Nicholas Katzenbach, envoya un mémorandum
à Bill Moyers, l’attaché de presse du Président Johnson,
pour souligner l’urgence d’identifier Lee Harvey Oswald
(qui avait été tué la veille par Jack Ruby), aux yeux de
l’opinion publique, comme un assassin isolé. L’objectif
étant de couper court aux éventuelles spéculations
relatives à un complot, qu’il eût été ourdi par un État
communiste ou par l’extrême droite nationale :
« 1. Le public doit se satisfaire de ce qu’Oswald
était l’assassin ; qu’il n’avait aucun complice qui soit
encore en liberté ; et que les preuves étaient telles
qu’il aurait été condamné au procès.
« 2. Les spéculations au sujet de ses motivations
doivent être écartées, et nous devons avoir des
éléments pour réfuter l’idée qu’il s’agissait d’une
conspiration communiste, ou (comme le dit la presse
de l’autre côté du Rideau de fer) d’un complot de
l’extrême droite visant à accuser les communistes.
Malheureusement, dans le cas d’Oswald les faits
semblent trop accablants – trop éviden
ts (marxiste,
Cuba, femme russe, etc.). »


Afin de réfuter toute idée de conspiration, le mémo
rédigé par Katzenbach préconisait « la nomination
d’une commission présidentielle, composée de
membres irrécusables, afin de passer en revue et d’examiner
les preuves et d’annoncer ses conclusion
s. »
(...)


Extrait du chapitre 5
Saigon et Chicago
(....) Au début du mois d’août 1963, à New York, eut
lieu ce qui est considéré comme la première manifestation
organisée pour protester contre la guerre du
Vietnam.30 Tom Cornell et Chris Kearns, du Catholic
Worker, campèrent pendant 9 jours devant la résidence
de l’observateur des Nations Unies pour le Sud-Vietnam,
à Manhattan. Leurs pancartes disaient : « Nous exigeons
la fin du soutien militaire des É.U. au gouvernement
Diêm ». Le dixième jour, ils furent rejoints par quelque 250
autres manifestants. ABC News filma l’événement.31 Ce
fut le début du mouvement antiguerre – trois mois après
que le Président eut déclaré au sénateur Mansfield
qu’il envisageait de retirer la totalité des troupes américaines
du Vietnam. Le 11 octobre, JFK signait un ordre
présidentiel pour un rappel initial de 1 000 membres du
personnel militaire américain du Vietnam avant la fin de
l’année 1963, et prévoyait un retrait
complet des troupes
avant fin 1965.


Le problème de Kennedy, en cet automne 1963,
était que la presque totalité de son Administration était
favorable, non pas à la réduction, mais à l’accroissement
de l’implication militaire américaine au Vietnam.
L’isolement du Président au sein de son propre gouvernement
devenait chaque jour plus évident. Même les
éléments les plus libéraux désapprouvaient plus ou
moins ouvertement sa décision de se désengager du
Vietnam. En outre, Kennedy n’était pas favorable au
renversement de Diêm et à la prise de pouvoir par ses
généraux – quand bien même les circonstances le
contraignirent
à ne pas s’y opposer.


Averell Harriman, qui avait pourtant mené les
négociations à Moscou, au nom de Kennedy, sur le
traité d’interdiction des essais nucléaires, travaillait à
présent de concert avec Hilsman, Forrestal et l’ambassadeur
Lodge, pour hâter un putsch des généraux à
Saigon. Ils furent bientôt rejoints par McGeorge Bundy,
le conseiller à la Sécurité nationale, qui soutint Lodge,
le 11 septembre, dans son appel au renversement de
Diêm.33 Parmi les conseillers du Président, seuls son frère
Robert et McNamara semblaient adhérer à sa volonté
de désengagement du Vietnam.
En dehors de Washington, en revanche, les avis
étaient loin d’être aussi unanimes. Lors d’une visite au
Canada, au mois de mai, Kennedy avait demandé
au Premier ministre, Lester Pearson, ce qu’il pensait de
la politique américaine au Vietnam. Pearson répondit
que, selon lui, les États-Unis devaient quitter le pays. La
réaction de JFK ne fut guère diplomatique : « C’est une
réponse stupide. Tout le monde sait cela », rétorqua-t-il,
sachant pertinemment que c’était loin d’être le cas. « La
question est : Comment sortir de là ? »


À ce moment-là, il avait déjà élaboré, avec
McNamara, un plan de retrait graduel, dont il prévoyait
l’achèvement après sa réélection. Il confia à son
vieil ami, Charles Bartlett, correspondant de presse à
Washington : « Nous n’avons aucune raison de rester au
Vietnam. Nous n’avons aucune raison de nous battre
là-bas. Ces gens nous haïssent. Ils peuvent nous foutre
dehors pratiquement à tout moment. Mais je ne peux
pas abandonner un morceau de territoire comme
celui-là aux communistes, et espérer que le peuple
amé
ricain me réélise ».

Tip O’Neill, leader démocrate à
la Chambre des Représentants, figura également parmi
ceux à qui il confia ses intentions. O’Neill raconta qu’à
l’automne 1963, le Président le convoqua à la Maison
Blanche. Les deux hommes évoquèrent « la situation
au Congrès, le voyage à venir à Dallas, et comment
Kennedy s’était engagé à retirer les troupes américaines
du Vietnam une fois passées les électi
ons de 1964 ».


Le 20 octobre 1963, lors de son dernier séjour à
Hyannis Port, JFK se confia également à Harry Newman,
son ami et voisin : « Cette guerre au Vietnam – je l’ai
toujours à l’esprit, elle me hante jour et nuit. La première
chose que je ferai lorsque je serai réélu, ce sera de sortir
les Américains du Vietnam. » Il confia à Newman la difficulté
de réaliser son objectif : « Je ne sais pas encore
exactement comment je vais m’y prendre, mais c’est ma
priorité numéro un – sortir d’Asie du Sud-Est. J’aurais dû
écouter MacArthur. J’aurais dû écouter De Gaulle. On ne
va pas laisser nos gars se faire bousiller de cette façon,
si loin de chez eux. Je vais les sortir de là parce qu’on
va se retrouver dans une guerre qu’il sera impossi
ble de
gagner. »37. (...)


Extrait du chapitre 6
Washington et Dallas
(...) Malcolm H. Price fréquentait un stand de tir à la
carabine, le Sports Dome Rifle Range, à Dallas. Devant
la Commission Warren, il déclara avoir aidé, vers la fin
du mois de septembre, un homme qui ressemblait à
Oswald à ajuster le viseur de son fusil. Price se souvenait
que cela se passait en soirée, car il avait dû allumer
les phares de sa voiture, et les diriger vers la cible, pour
ajuster le viseur. Les phares éclairaient d’ailleurs toujours
la cible lorsque l’individu tira à trois reprises en plein
centre.24 Price déclara avoir revu le même homme
s’entraîner au Sports Dome à la mi-octobre, puis à
nouveau en novembre, peu avant Dealey Plaza.25
Un autre habitué du stand de tir, Garland G. Slack,
se rappela également y avoir croisé un homme ressemblant
à Oswald, et ce à deux reprises : le 10 novembre,
puis le 17. Slack se souvenait notamment de la seconde
fois, car après qu’il eut installé sa propre cible, l’homme
à côté de lui sur le stand vida son chargeur sur celle-ci.
Comme Slack protestait, l’individu lui lança, dira-t-il, « un
re
gard qu’[il n’était] pas près d’oublier ».

Au-delà de
la cible de Garland Slack, Oswald, ou quelqu’un qui lui
ressemblait, avait atteint son objectif : plusieurs témoins
(Price et Slack ne furent pas les seuls)se souviendront
qu’il s’était entraîné à tirer au fusil au Sports Dome de
Dallas. Le seul problème, c’est que pour la Commission
Warren, Lee Harvey Oswald n’était pas censé se trouver
à Dallas, à la fin du mois de septembre,
mais à Mexico.


Dans son rapport, la Commission résolut ce problème
de la même façon qu’elle l’avait fait pour le témoignage
du vendeur de voiture : « Dans la mesure où une
comparaison des événements certifiés par Price et Slack
suggère fortement qu’ils ont décrit le même homme, il y
a des raisons de penser que Slack a également décrit
un autre homme
qu’Oswald. »

Tout simplement.
À la décharge des membres de la commission
d’enquête, ils eurent parfois affaire à un peu trop
d’Oswald. De plus, non contents de se trouver au
même moment dans des lieux différents, ces Oswald
se comportaient volontiers de façon à ce que les gens
se souviennent d’eux. En l’occurrence, pour le Rapport
Warren, à la fin du mois de septembre, Oswald faisaient
des démarches, dans des conditions rocambolesques,
auprès des consulats soviétique et cubain de Mexico
afin d’obtenir des
visas pour ces pays.

En outre, « il ya des raisons de penser » que l’identité de l’homme
ressemblant à Oswald (puisque selon la commission
ce ne pouvait être lui) qui fréquentait à ce moment-là
un stand de tir de Dallas (et qui n’y était, de fait, pas
retourné depuis l’assassinat du Président), resta à jamais
mystérieuse – officiellement, tout au moins.
De la même façon, le 10 novembre, soit la première
fois que Garland avait vu ce mystérieux individu au
Sports Dome de Dallas, « des preuves convaincantes »,
selon les propres termes du Rapport Warren, indiquent
que ce jour-là, « Oswald se trouvait au domicile des
Paine, à Irving, qu’il n’a pas quitté pour se rendre
à une
séance de tir ».


La Commission Warren, dont la tâche consista, pour
l’essentiel, à expliquer l’inexplicable, devra faire preuve
de bien plus d’ingéniosité encore, au moment de livrer
ses conclusions au sujet d’autres aspects de l’enquête,
comme nous le verrons par la suite. Pour l’heure, ses
membres disposaient non seulement d’au moins un
Oswald de trop, mais également de plus de preuves de
sa culpabilité qu’ils ne pouvaie
nt en retenir.

les assassins de JFK : extrait du livre jfk et l'indicible
les assassins de JFK : extrait du livre jfk et l'indicible

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